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Iran : Où est Ali Younesi ?

01-07-2025  Vers 13h00 le mercredi 18 juin 2025, Ali Younesi – un étudiant universitaire doué et prisonnier politique – a été violemment extirpé du quartier 4 de la prison d’Evine et transféré dans un lieu non divulgué. Cinq jours plus tard, la prison d’Evine a été visée par des frappes de missiles, laissant des sections telles que la salle 209 en ruines. Maintenant, plus de douze jours après son transfert forcé, il n’y a toujours aucune information concernant l’emplacement d’Ali. Sa famille, son avocat et les observateurs internationaux des droits de l’homme restent dans l’obscurité.

Cette disparition forcée, exécutée sous le silence total des médias et du gouvernement, constitue un autre indicateur alarmant de violations systématiques des droits humains dans le système carcéral iranien.

Qui est Ali Younesi ?
Né le 11 octobre 2000, Ali Younesi est étudiant en ingénierie informatique à l’université de technologie Sharif, l’une des institutions les plus prestigieuses d’Iran. Ses réalisations académiques incluent :

Médaille d’argent à l’Olympiade nationale d’astronomie de l’Iran (2016),
Médaille d’or à la même Olympiade (2017),
Médaille d’or à la 12e Olympiade internationale sur l’astronomie et l’astrophysique tenue en Chine (2018).
Le 10 avril 2020, à l’âge de 19 ans, Ali a été arrêté sans mandat. Initialement accusé de « liens avec des groupes antirévolutionnaires », il a ensuite été accusé d’infractions beaucoup plus graves, notamment de « corruption sur terre » (efsad fel-arz), « collusion contre la sécurité nationale » et « propagande contre le régime ».

Après avoir passé plus de 800 jours en isolement, il a été condamné à 16 ans de prison, plus tard réduit à 6 ans et 8 mois. Mais Ali Younesi n’a jamais connu la liberté depuis son arrestation. Son incarcération continue fait partie d’un effort plus large du régime pour écraser la pensée indépendante et faire taire la génération émergente de dirigeants civils.

La disparition : Une chronologie
Le 18 juin 2025, des agents de renseignement à la prison d’Evin ont expulsé de force Ali Younesi de la cuisine du quartier 4. Selon des témoins, il a été frappé et traîné sans explication, mandat judiciaire ou avis à son avocat ou sa famille. Depuis ce moment, il n’a pas été vu ou entendu.

Le même jour, sa sœur Aida Younesi a écrit sur X (anciennement Twitter) : « Aujourd’hui, des agents du renseignement ont violemment emmené mon frère #AliYounesi de la prison d’Evine vers un lieu inconnu. Ma mère est sous le choc. Nous ne savons pas où il se trouve. Honte à ceux qui tourmentent les prisonniers même en temps de guerre et de peur.

Son frère, Reza Younesi, a écrit : « Ali est en prison depuis cinq ans sans un seul jour de congé. Aujourd’hui, ils l’ont battu et enlevé. Nous ne savons pas où il est. Les vies des prisonniers sont en danger.

Avertissement du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les problèmes
Le 25 juin 2025, le Dr. Mai Sato, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, a publié une déclaration publique urgente : « J’ai reçu des informations profondément troublantes concernant les transferts de prisonniers de la prison d’Evine. » Le cas d’Ali Younesi est particulièrement alarmant. Il aurait été emmené de force du quartier 4 le 18 juin et n’a pas été retrouvé depuis. Sa famille n’a aucune connaissance de son emplacement.

Cette déclaration souligne le besoin urgent d’action. La disparition forcée d’Ali le met gravement en danger de torture ou de mauvais traitements. Son cas doit être traité comme une urgence internationale.
Père et fils en captivité : une famille assiégée
Le cas d’Ali Younesi n’est pas une histoire isolée — c’est la destruction systématique de toute une famille.

Son père, Mir Yousef Younesi, est un militant politique de longue date qui a été emprisonné pendant trois ans sous le Shah et neuf ans dans les années 1980 pour avoir soutenu le groupe d’opposition, l’OMPI. Au lendemain des manifestations nationales de décembre 2022, il a été arrêté à nouveau sans mandat et condamné à cinq ans de prison.

Le 5 mai 2025, après avoir rendu visite à son fils dans la prison d’Evine, Mir Yousef a été violemment transféré du quartier 4 au quartier 7, une section désignée pour les criminels violents et inadaptée aux personnes âgées ou aux prisonniers politiques. À près de 70 ans, il souffre de diabète, d’hypotension et d’une perte auditive importante.

Pour protester contre son transfert, Mir Yousef a entamé une grève de la faim le 12 mai 2025. Son taux de sucre dans le sang est tombé à 65 et sa pression artérielle à 90, ce qui le met en grave danger médical. Malgré cela, les responsables de la prison ont non seulement refusé de le renvoyer dans un quartier approprié, mais ont également restreint davantage ses visites familiales et son temps en plein air.

Puis vint la disparition de son fils, aggravant le traumatisme et l’agonie infligés à la famille.

Reza Younesi a écrit : « Ma mère est en détresse. Nous n’avons aucune réponse, aucune information. Ali a été emprisonné pendant cinq ans, et maintenant il a disparu. »

Aida Younesi a ajouté : « Honte à toi d’avoir déversé ta rage et ta vengeance sur les prisonniers. Ma mère s’est effondrée de peur et d’anxiété. Nous ne savons toujours pas où se trouve Ali.

Ce cas est emblématique de la punition collective, une pratique fréquemment utilisée par le régime iranien contre les familles de prisonniers politiques — destinée à éroder le moral, isoler les prisonniers et briser l’esprit de résistance.

Violations légales
Le cas d’Ali Younesi constitue une violation évidente de plusieurs instruments internationaux :

Articles 3, 5, 9, 10 et 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme,
Articles 7 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP),
Article 3 de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées,
Principes 1 et 6 de l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement,
Les règles de Nelson Mandela concernant le traitement des prisonniers.
Appel urgent à la communauté internationale
Compte tenu des violations graves, bien documentées et systémiques des droits humains dans le cas d’Ali Younesi, nous appelons urgemment à :

Libération immédiate et inconditionnelle d’Ali Younesi et de son père, Mir Yousef Younesi.
Une enquête indépendante et impartiale sur les allégations de torture, mauvais traitements et d’aveux forcés, y compris des menaces et des blessures à Ali et à sa famille.
Pression diplomatique internationale sur l’Iran pour qu’il révèle où se trouve Ali et cesse la pratique de la disparition forcée.
Action urgente des rapporteurs spéciaux d’Amnesty International et de l’ONU.
Enregistrement officiel du cas d’Ali Younesi comme un cas de disparition forcée auprès du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires.
Conclusion
Où est Ali Younesi ?
Cette simple question résonne maintenant comme un cri pour la vérité, la dignité et la justice urgente.

Plus de silence, c’est de la complicité.

Le moment de soutenir Ali, c’est maintenant — avant qu’il ne soit trop tard.