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4ᵉ Jour : Grève de la faim massive de 1 500 condamnés à mort à la prison de Qezel Hesar

17/10/2025  Dans un contexte d’exécutions en hausse en Iran
Environ 1 500 prisonniers condamnés à mort dans la prison de Qezel Hesar, près de Karaj, en sont à leur quatrième jour de grève de la faim collective.
Le mouvement a débuté le 12 octobre 2025, en réaction à une nouvelle vague d’exécutions et au transfert de détenus à l’isolement. Malgré les pressions, les menaces et la dégradation de leur état de santé, les prisonniers poursuivent leur action, exigeant l’arrêt immédiat de toutes les exécutions et l’abolition de la peine de mort.

1. Origine et ampleur du mouvement
Selon des sources vérifiées, la grève de la faim a commencé après que 16 condamnés à mort ont été transférés en cellule d’isolement en vue de leur exécution imminente. Peu après, des slogans de « Non aux exécutions » ont retenti dans plusieurs quartiers, et les détenus ont refusé collectivement de s’alimenter. Au moins huit prisonniers ont été exécutés durant les deux premiers jours de la protestation, provoquant une vague de colère et de solidarité dans les autres sections. Le mouvement s’est désormais étendu aux blocs 2, 3 et 4 de Qezel Hesar, impliquant même des prisonniers âgés ou malades.

2. Conditions de détention et menaces des autorités
L’atmosphère dans la prison de Qezel Hesar est décrite comme extrêmement tendue et militarisée.
Les autorités ont fermé les espaces communs, coupé l’eau chaude et restreint les communications afin d’étouffer la grève. Plusieurs détenus ont perdu connaissance en raison d’une grande faiblesse physique, mais continuent malgré tout leur protestation. Des sources rapportent que le directeur de la prison, Allah-Karam Azizi, s’est rendu dans le bloc 2, proposant de transférer certains détenus dont les peines ne sont pas définitives vers d’autres établissements.
Devant leur refus, il aurait menacé d’accélérer les exécutions si la grève se poursuivait.

3. Montée de la solidarité et soutien des familles
Les familles de prisonniers ont exprimé leur soutien par de petits rassemblements et des messages sur les réseaux sociaux, réclamant la fin immédiate des exécutions.
Des slogans tels que « Non aux exécutions » et « La vie est notre droit » ont gagné en popularité à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Les médias officiels ont tenté de discréditer le mouvement en présentant les participants comme des membres de bandes criminelles, mais les familles affirment qu’il s’agit d’une protestation pacifique pour le droit à la vie.

4. Vague d’exécutions
Entre le 12 et le 14 octobre, au moins 38 prisonniers ont été exécutés à travers l’Iran, soit en moyenne une exécution toutes les deux heures. Ces exécutions ont eu lieu à Qezel Hesar, Arak, Shiraz, Ilam, Birjand et Ispahan.
Parmi les exécutés figuraient Masoud Nematinejad, Alireza Razaghi (Arak), Milad Jahani (Shiraz) et Ahmad Beg Naseri (Ilam). Des observateurs décrivent cette vague comme l’une des plus meurtrières de ces dernières années.

5. Réactions internationales et déclaration d’Amnesty International
Amnesty International a publié une déclaration ferme le 16 octobre 2025, à la veille de la présentation du rapport du Secrétaire général de l’ONU sur l’Iran.

Hussein Baoumi, directeur régional adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a déclaré :

« Les États membres de l’ONU doivent affronter la frénésie d’exécutions menée par les autorités iraniennes avec l’urgence qu’elle requiert.
Plus de 1 000 personnes ont déjà été exécutées en Iran depuis le début de 2025, soit une moyenne de quatre par jour.
Depuis le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022, les autorités iraniennes ont instrumentalisé la peine capitale pour instaurer la peur, étouffer la dissidence et punir les communautés marginalisées. Cette année, le nombre d’exécutions atteint un **niveau inédit depuis 1989. »

Amnesty a également condamné l’usage persistant de la peine de mort pour des infractions liées à la drogue, en violation du droit international, soulignant les procès inéquitables et les confessions obtenues sous la torture.
L’organisation a appelé les États membres de l’ONU à exiger l’arrêt immédiat des exécutions, l’abrogation des lois antidrogue répressives, et l’instauration d’un moratoire officiel en vue de l’abolition totale de la peine de mort.
La déclaration complète est disponible sur le site d’Amnesty International.

6. Couverture médiatique
L’Agence France-Presse (AFP) a rapporté que des prisonniers de l’une des plus grandes prisons d’Iran avaient entamé une grève de la faim et un sit-in pour protester contre la montée des exécutions.
L’AFP a identifié Qezel Hesar comme le lieu de la protestation, survenue après le transfert de 16 détenus à l’isolement. Le journal Asharq Al-Awsat a également fait état de slogans « Non aux exécutions » scandés dans les couloirs de la prison, tandis que des familles rassemblées à l’extérieur réclamaient l’arrêt immédiat des pendaisons.

7. Analyse juridique
Les exécutions massives et le traitement des grévistes de la faim violent les obligations de l’Iran au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) :

Article 6 : le droit à la vie interdit toute privation arbitraire de la vie.

Article 7 : interdit la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants, y compris les menaces et la privation de soins médicaux.

Article 10 : impose un traitement humain pour toutes les personnes détenues.

Cette flambée d’exécutions, souvent à l’issue de procès inéquitables, illustre un mépris systémique du droit à la dignité et à la justice.

8. Dimensions humaines et sociales
La grève de la faim représente un acte collectif de résistance non violente face à la mort institutionnalisée.
Les prisonniers mettent leur vie en danger pour affirmer leur humanité et leur droit à la vie.
À l’extérieur, les familles deviennent la voix de ceux qui sont réduits au silence, allumant des bougies et scandant des slogans. Cette union entre prisonniers et société civile illustre un mouvement national croissant en faveur de la justice et de l’abolition de la peine capitale.

9. Conclusion et appels à l’action
La grève de la faim à Qezel Hesar, désormais dans son quatrième jour, met en lumière la nécessité urgente d’une intervention internationale. Les institutions mondiales doivent agir pour empêcher de nouvelles pertes humaines et tenir les autorités iraniennes pour responsables.

Recommandations clés :

Moratoire immédiat sur toutes les exécutions.

Accès indépendant pour les rapporteurs spéciaux de l’ONU et les observateurs humanitaires.

Soins médicaux et protection pour les prisonniers en grève de la faim.

Réformes légales en vue de l’abolition complète de la peine de mort.

Le message venu de Qezel Hesar résonne bien au-delà des murs de la prison :

« Non aux exécutions — Oui à la vie. »