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Pourquoi les transferts à la prison d’Evine suscitent de nouvelles craintes en Iran

04/03/2026 Alors que les autorités envisageraient des transferts forcés de détenus, les familles dénoncent une incertitude croissante au sein de la prison la plus tristement célèbre d’Iran, la prison d’Evine — tandis que la campagne « Les mardis sans exécutions » entame sa 110e semaine.
Dans l’ombre des tensions militaires croissantes près de Téhéran, de nouveaux rapports d’organisations de défense des droits humains suscitent des inquiétudes quant aux conditions à l’intérieur de la prison d’Evine. Selon des informations publiées entre le 28 février et le 4 mars 2026, les autorités pénitentiaires auraient évoqué de possibles transferts forcés de détenus — provoquant l’angoisse de familles déjà confrontées à un accès limité à l’information.

Aucune confirmation officielle n’a été donnée par les autorités iraniennes. Toutefois, des proches de détenus affirment avoir été informés qu’un plan de restructuration est à l’étude. Selon ce plan, les prisonniers pour dettes financières seraient transférés vers la prison du Grand Téhéran (communément appelée Fashafouyeh), tandis que les prisonniers politiques et les ressortissants étrangers pourraient être envoyés dans des établissements situés à Qom.

Il est crucial de souligner que ces informations décrivent un transfert envisagé ou menacé, et non une relocalisation officiellement mise en œuvre. Les familles indiquent que les détenus ont exprimé leur opposition à cette mesure, invoquant des préoccupations liées à la sécurité, à l’isolement et à la réduction de l’accès à une représentation juridique.

L’incertitude elle-même est devenue le principal sujet d’inquiétude. En l’absence de déclaration transparente des autorités judiciaires, les proches doivent se contenter de mises à jour indirectes — souvent transmises lors de brèves conversations téléphoniques ou par des informations de seconde main.

Pressions croissantes à l’intérieur des prisons
D’autres informations publiées cette semaine ont également évoqué des tensions sécuritaires à la prison du Grand Téhéran, notamment un incident ayant causé des dégâts dans une section administrative de l’établissement. Des observateurs des droits humains indiquent que les détenus auraient ensuite été renvoyés dans leurs quartiers sous des conditions de sécurité renforcées. Aucun chiffre officiel concernant d’éventuels blessés ou dommages matériels n’a été communiqué.

Bien que les événements extérieurs aient intensifié le climat sécuritaire général dans la capitale, les informations disponibles ne confirment pas de dommages structurels directs à la prison d’Evine. Ce qui semble plus évident, en revanche, est un renforcement des restrictions internes et des contrôles de sécurité — un schéma que les observateurs estiment fréquent en période de crise nationale.

La campagne « Non aux exécutions » entre dans sa 110e semaine
Parallèlement, la campagne de longue haleine « Les mardis sans exécutions » a atteint sa 110e semaine consécutive au 3 mars 2026. Cette initiative, qui serait organisée par des prisonniers dans plusieurs établissements, appelle à un moratoire sur les exécutions en Iran.

Les participants ont recours à des grèves de la faim symboliques et à des déclarations coordonnées pour maintenir la visibilité du mouvement. Les organisations de défense des droits humains la décrivent comme l’un des mouvements de protestation continus les plus longs issus du système carcéral iranien.

Selon des groupes internationaux de défense des droits humains, l’Iran demeure l’un des pays comptant le plus grand nombre d’exécutions au monde. Les partisans de la campagne estiment qu’une plus grande transparence et une réforme du système judiciaire sont urgemment nécessaires, notamment dans les affaires liées à des accusations politiques ou à des préoccupations concernant le respect des garanties procédurales.

Les familles réclament des éclaircissements
Pour les familles, la question immédiate n’est pas géopolitique, mais liée à l’accès et à la sécurité. Plusieurs proches ont publiquement appelé les autorités pénitentiaires à communiquer clairement, avertissant que les rumeurs et les informations non confirmées alimentent la peur.

En période de tension nationale, les prisons deviennent souvent des espaces opaques. En l’absence de mises à jour officielles, même des décisions administratives — telles que des transferts internes — peuvent avoir de lourdes conséquences émotionnelles et juridiques.

On ignore encore si les transferts envisagés seront effectivement mis en œuvre. Ce qui est certain, c’est que, tandis que l’attention médiatique se concentre sur les conflits extérieurs, la situation à l’intérieur des prisons iraniennes continue d’évoluer — largement à l’abri des regards du public.